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 L'Amour à la Mort. [PV : Lily Blue]

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MessageSujet: L'Amour à la Mort. [PV : Lily Blue]   Jeu 8 Juil - 20:30

Acte Premier : L'Ode à la Mort.




Chapitre Premier : Au soir de notre Amour.


    Les larmes sont parfois une réponse inappropriée à la Mort. Quand une vie a été vécue vraiment honnêtement, vraiment avec succès, ou simplement vraiment, la meilleure réponse à la ponctuation finale de la mort est un sourire. Après tout, pourquoi serait-il plus difficile de mourir, c'est-à-dire de passer de la Vie à la Mort, que de naître, c'est-à-dire de passer de la Mort à la Vie ?

    Ce matin-là, le Soleil se leva comme à son habitude, une belle journée s'annonçait alors que les premiers rayons commençaient déjà à filtrer à travers les rideaux de la chambre de Satoshi. Il s'éveilla doucement et se sentait réellement apaisé pour la première fois depuis longtemps. Il se tourna instinctivement sur son côté gauche avant de se rendre compte qu'il avait passé la nuit seul. Il l'avait fait délibérément. Il voulait pour cette fois-là, être fidèle à celle qu'il aime vraiment.

    La femme a toujours été fascinante pour lui. Elle est la porte par laquelle on peut pénétrer dans le domaine de la Mort comme dans celui de la Vie Eternelle... Katerina a longtemps été le théâtre d'un affrontement sans merci entre la Vie et la Mort. Avec elle-même d'abord, sa Vie quand elle n'était pas imbibée de vodka, l'était par la Mort elle-même. La Vie difficile de sa Russie natale, la cavale de son père et... Sa propre fin. Elle a vu la mort en face, elle l'a affronté, elle a trouvé le courage de se relever.

    Il se redressa légèrement et se gifla sans ménagement pour chasser les images qui assaillaient son esprit. Une porte défoncée, l'eau de la baignoire virant au rouge, Katerina prenant un aller simple pour son Dernier Voyage. Si elle est encore en vie c'est grâce à Satoshi. Le même qui aujourd'hui n'a plus la force de continuer. Il avait tellement pleuré ce soir-là. La peur de la voir disparaître à jamais lui a serré les entrailles pendant de longues semaines. Et ce qu'il craignait le plus est finalement arrivé.

    Il se leva, simplement vêtu d'un boxer. Il se dirigea vers la salle de bain et passa sous la douche. Tandis que l'eau ruisselait le long de son corps il avait déjà pris sa décision. Il n'avait plus rien à faire ici. Il éteignit l'eau et se sécha avec vigueur. Il se brossa les dents machinalement puis se vêtit de son costume favori, le classique mais néanmoins élégant costume marron. Sous lequel il passa une chemise rose et une cravate assortie à l'ensemble. Il se chaussa rapidement puis s'installa sur son bureau.

    Il se lança dans la rédaction d'une lettre pour Katerina, ne sachant même pas si elle la lirait.
    Saisissant sa plus belle plume, il la laissa courir sur le papier. Cela lui prît une bonne heure mais il fût assez content du résultat :

    Katerina, ma Bien-Aimée,

    Pourquoi n'avons-nous pas pu nous aimer comme avant ? Qu'est-ce qui a changé au point de nous rendre quasiment étranger l'un à l'autre ? Autant de questions qui resteront sans réponses. Je me suis mal comporté à ton égard. Je t'ai délaissée, je t'ai trompée impunément. Je n'ai toujours été qu'un immonde salaud.

    Envers toi, envers toutes celles qui m'ont aimé sans que je pense un seul des mots doux que j'ai pu glisser à leur oreille. Mon sourire tendre était celui d'un Chasseur, mes belles paroles étaient celles d'un Démon. L'Amour ? Je ne sais pas ce que c'est et ça non plus je ne le saurais jamais. Mais il est une chose que je sais et dont je suis sûr.

    C'est que c'est avec toi que j'en ai été le plus proche. Tu es celle qui méritais de porter mon nom, de porter mon fils... Mais pourquoi faire un enfant ? Et s'il était pire que moi ? Et s'il faisait autant de mal que son Père... Voire plus. Je ne pouvais pas prendre ce risque. Je ne regrette aucun moment passé en ta compagnie. Tu es et tu resteras ma fierté, la conquête dont je suis le plus fier, la femme la plus incroyable qu'il m'ait été donné de côtoyer.

    J'ai recherché l'Amour toute ma vie mais je n'ai été que Haine. Désormais, je pars vers un ailleurs que j'espère meilleur. Tu sais... Comme ces lieux qu'on croit toujours mieux mais qui en fait nous déçoivent aussi. Je n'ai pas eu beaucoup de répit ici et j'ai causé beaucoup de tort à beaucoup de monde. Ce qui me fait le plus mal, c'est celui que je t'ai causé. Je ne peux pas me le pardonner. J'espère que tu arriveras à me pardonner...

    Adieu Katerina. Je t'aime.


    Satoshi ne se rendît même pas compte que des larmes roulaient le long de ses joues alors qu'il refermait l'enveloppe sur la lettre chargée d'émotion qu'il venait d'achever. Il inscrit le nom de son destinataire sur l'enveloppe et prît en main un bibelot qui ornait son bureau. Une sorte de Pyramide en métal qui servait aussi de taille-crayon et de presse-papier. Il sécha ses larmes et empaqueta le tout dans une petite boîte qu'il déposa devant la chambre de Katerina.

    Il traversa silencieusement le couloir en retournant dans sa chambre pour s'atteler à une nouvelle lettre, à l'attention de ses amis celle-là... Mais aussi des personnes qui ne l'aimaient pas. Il s'installa, prît une grande inspiration et se lança dans une nouvelle rédaction, laissant de nouveau parler son coeur :

    Celui ou celle qui lira cette lettre aura porté un minimum d'attention à mon existence et à mon passage ici. Cela peut vous sembler curieux mais ma vie a été régie par une seule chose... Être aimé. A tout prix. Être entouré sans arrêt pour tromper la peur de la solitude, on a interprété cela comme une envie de tout contrôler et d'avoir une cour à mes pieds. Ma sensibilité à fleur de peau transformée en une susceptibilité exagérée, témoignage d'un ego surdimensionné. Mon dévouement à vouloir changer les choses, systématiquement vue comme une soif de pouvoir incontrôlable. Toute ma vie je n'ai fait que jouer le rôle d'un homme que je ne suis pas et que je n'ai jamais été. C'est chacun de vous qui m'avez créé tel que je suis. On se souviendra ( peut-être ) de Satoshi, comme quelqu'un de profondément mauvais qui mît fin à ses jours car il n'a jamais pu remettre la main sur le poste de Directeur. Cependant ce n'est pas plus mal. Même dans la mort je ne serais pas celui que je prétendais être. S'il est un moment où j'ai été sincère c'est dans mes amitiés. Je n'ai jamais accordé plus d'importance à quiconque qu'à mes amis qui m'ont soutenu et aimé parfois pour celui que j'étais. Si par hasard j'avais un ami qui m'aimais, tant pis...

    Qu'il m'oublie.


    Il inséra la lettre dans une enveloppe et la ferma soigneusement. Il prît la direction des cuisines alors que le Pensionnat dormait toujours. Il ferma la porte avec précaution et ouvrît un tiroir duquel il sortît un couteau long pour émincer la viande, parfaitement aiguisé. Il sortît du saké blanc du frigo et s'en servît plusieurs verres qu'il vida d'une traite. Il ferma les yeux et prît une large bouffée d'oxygène passant le doigt sur son couteau, quasiment anesthésié par l'alcool. Il déposa la lettre sur le plan de travail et s'allongea sur celui-ci. Satoshi commença à fredonner une chanson en se préparant psychologiquement :

    « Et j'ai souvent souhaité,
    De partir avant les miens.
    Pour ne pas hériter,
    De leur flamme qui s'éteint...
    »

    Il saisit le couteau dans sa main droite et passa sa main lentement contre son pouls. Il entendait les battements forts de son corps qui envoyaient du sang à grands coups dans son corps. Il resserra la main autour du manche de son couteau en fermant lentement les yeux.

    « Et m'en aller,
    En gardant le sentiment,
    Qu'ils vivront éternellement...
    Et simplement,
    Qu'ils fassent que la nuit soit claire...
    »

    La dernière chose qu'il vît était le visage doux de Katerina qui semblait le regarder au gré du vagabondage de son imagination. Il retira ses doigts de son pouls, mit sa seconde main sur le manche du couteau et le planta sans ménagement dans sa carotide. Une giclée généreuse de sang ne se fît pas attendre. Suivie de plusieurs autres à un rythme effréné.

    « Il faut rester dans la lumière...
    Dansez, mangez en me berçant...
    Que je vous aime en m'endormant...
    »

    Il se sentait partir à une vitesse fulgurante... Ce furent les dernières pensées de Satoshi Tokugawa, il n'avait jamais rien fait à moitié, il ne pouvait plus supporter cette vie qui n'en était pas vraiment une. C'est sans regret qu'il rendît son dernier souffle dans un ultime spasme nerveux.

    « Il faut rester dans la lumière...
    Où que j'aille, je vous attends...
    »
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MessageSujet: Re: L'Amour à la Mort. [PV : Lily Blue]   Dim 12 Sep - 14:20

Une heure, deux heures, trois heures...Douze heures. Douze
plus trente-six. Environ quarante-huit heures !


Parfois, ça ne sert à rien de compter. Il faut endurer. Lily endure la fatigue depuis près de 48 heures. Elle a roulé dans son lit, a fait des petits tours et a gratté sa chevelure de jais toute la nuit. Vers 4 heures, elle n’en pouvait plus et elle décida de profiter de cette légère insomnie pour veiller sur les couloirs du pensionnat. Personne ne remarqua l’étudiante dans les couloirs sombres, aucun ne passa en face d’elle. Invisible. Enfin, à l’aube, un bruit moins récurrent que les couinements de lit se laissa entendre. Ses oreilles se soulevèrent en entendant des pas cogner au sol. Debout, Satoshi était dans le même couloir que la dame invisible. Il déposa une boîte par terre, devant une chambre. Puis, il parti, l’air ailleurs.

La boîte suscita une horrible curiosité dans l’esprit de Lily. La curiosité est un vilain défaut. Tout le monde est au courant. Ce n’était pas de ses oignons, mais l’élève ne put s’empêcher d’aller prendre le «colis» en marchant sur la pointe des pieds. Bon, c’était de la faute au cuisiner ! S’il ne voulait pas que la mauvaise personne ouvre le paquet, il ne fallait pas le laisser traîner n’importe où. La tigresse fut déçue en voyant une laide pyramide…Elle s’attarda trop longtemps sur l’objet sans remarquer la lettre au fond de la boîte. Enfin la main pris l’enveloppe…Oh non ! NON ! Un satané nom devait être écrit dessus ! Même pas le sien ! Donc, elle n’avait pas le droit d’ouvrir la lettre.

Vilain défaut, berce-moi mon amoooour.

Ce grotesque personnage risquait donc le tout pour le tout en déchirant le papier. Elle avait pris soin de se cacher dans une cage d’escalier. La femme lut rapidement avec un cœur serré, un goût amer dans la bouche, des yeux secs et une incontrôlable peur au ventre. Les doigts de sa main gauche étaient si moites que le papier se gondolait sous son regard perdu entre la jalousie et la mort. Drôle de sensation pour une belle matinée ensoleillée ! Brusquement, la féline prit ses jambes à son cou et se précipita à la recherche de l’expéditeur de la lettre. On ne prend pas son temps dans une pareille situation, malgré le peu de connaissances qu’elle possédait sur Satoshi, c’était important de l’arrêter. Une quinte de toux dérangea tout l’immeuble. Lily venait d’entrer dans la cuisine.

En fait, elle toussait à s’en arracher les poumons depuis plus d’une semaine. Elle toussait jusqu’à s’en esquinter toute la trachée. Le mal montait, sa gorge brûlait. Et le pire c’était quand elle riait, une douleur atroce lui démangeait le poitrail. Selon Lily, on ne peut pas s’empêcher de rire comme on ne peut pas s’empêcher de crever.

Mais ce n’était qu’une petite maladie. Elle se trouvait à faire face à cette ordure de virus ou de bactérie. Quelle était la différence entre un virus et une bactérie ? Peu importait sur le coup, quand on est atteint, on vit avec. On ne peut pas faire autrement que de souffrir sauf si on se bourre de médocs…D’ailleurs Satoshi aurait dû se bourrer de médocs, elle n’aurait pas trouvé une bonne manière de le sauver. En voyant le corps de celui-ci gisant sur le comptoir, la tigresse se demanda une chose débile : Comment mesurer la douleur ? Peut-être que Satoshi n’avait pas encore eu assez mal pour périr…C’était le seul moyen de le garder en vie, lui prouver que ce n’était certainement pas le bon moment. Il pouvait encore en perdre avant de toucher le fond du gouffre.

C’est alors que la mort expira : «Où que j'aille, je vous attends...»

La jeune femme ne put s’empêcher d’entrouvrir la bouche, elle eut envie de le traiter de menteur, voir même de con. Mais ça n’aurait servi à rien d’expliquer à un mort pourquoi il n’a attendu personne.

Une mare de sang empourprait la salle. Comment savoir si l’homme avait raison ? Lily était du genre lente à la détente, mais à l’instant même où elle comprit, ça n’avait servit à rien, il ne bougeait plus. Elle aurait pu l’arrêter avant qu’il aille trop loin. Mais non elle était restée devant lui, fixant la scène longuement et étrangement l’étudiante paraissait invisible. Le cuistot était trop saoul, se disait-elle pour se remonter un peu le moral.

La jeune femme observait donc le quasi-cadavre depuis quelques cinq secondes. Cinq malheureuses secondes qui pouvaient le sauver.La vie était triste sur le coup. La vie s’empara justement du couteau en un temps
record…C’est la vie, Lily.

Cette chose horrible qui toussait sans cesse avait balancé l’outil de cuisine par terre sans même réfléchir au danger qu’il pouvait apporté par la suite. Au moins, on voyait clairement sa lame affûtée écarlate au sol, personne ne pouvait la manquer de vue. Par bonheur, le suicidaire n’avait pas eu le besoin d’enfoncer l’arme blanche bien profondément. L’idée de profondeur rappela une pénétration à Lily…Elle secoua alors la tête, son téléphone portable branlant contre son oreille,un cours laps de temps plus tard. Personne ne pouvait savoir comment elle agissait si rapidement. Il fallait avoir connu la mort de près pour garder son sang froid dans une telle situation. L’élève avait-elle déjà côtoyé la faucheuse ? Elle avait composé le numéro des urgences si facilement, comme si elle était dans un jeu télévisé sous la pression de la caméra et qu’elle allait gagner trois cent millions de rien. Parce qu’il faut croire qu’un appel devient plus compliqué à faire devant plusieurs litres de jus d’hémoglobine.

Quand on a passé la journée debout, la nuit entière à se retourner dans son lit, on ne réfléchit plus, on agit. Et cette unique idée laisse croire que Lily bouge sans ressentir les émotions normales qu’elle devrait éprouver. Lily ne pleure pas. Elle ne veut pas pleurer…Elle ne versera pas une larme jusqu’à ce que Sato se relève…Depuis que la jeune dame a traversé la cuisine, aucun sentiment ne s’est entrevu sur son joli minois.

Oh ! Son premier étonnement fut de découvrir un sang si foncé dans une salle si claire. Les nuances plus pâles lui rappelait beaucoup plus son ami le cuisinier. Un bourgogne médiocre ça ne devait pas venir de lui.

«Tu ne mourras pas dans cette couleur, j’en suis navrée.» prononça-t-elle sans même montrer une grimace de dégoût, malgré l’odeur de fer lui montant aux narines. Comme si ce fait avait une quelconque importance. Au moins, elle était désolée d’être si idiote…La chance !

Quand la malade s’occupait, les nausées et la migraine s’arrêtaient. Pour une fois, et ce depuis plusieurs jours, une vive concentration la réveillait. Une autre remarque fit irruption dans sa cervelle : Elle avait de cette couleur blanche la mort! Cependant, le visage du jeune homme était doux et agréable. Le cœur de la féline s’apaisait à force d’imaginer le cuistot vif et heureux. Il pouvait supposer que le suicide était une solution pour retrouver la joie, mais elle n’allait jamais tomber dans le panneau. Battons-nous crétin !

Elle n’aurait jamais cru voir ce contraste de blanc et de rouge, se répétant toujours qu’il n’allait pas s’enfuir dans de si tristes conditions. Les ennemis n’offrent jamais la vérité. C’était une question de mérite, personne ne valait un suicide. Encore moins lui. Tant de raisons pour le sauver…Persuadée qu’il y avait plus de bonnes raisons pour le secourir que de conséquences négatives à vivre après le sauvetage,Lily avait choisi. Et, il n’était même pas question de bien ou de mal. Le plus horrible résultat, si la vie accordait une nouvelle chance à Satoshi, c’était qu’il puisse la détester. Devant une telle situation, l'adolescente aux prunelles égarées assumerait.

On ne brise pas l’ultime espoir d’un suicidaire, on ne lui retire pas sa dernière envie. Malheureusement, une égoïste est une égoïste. Avant de procéder à quelques manipulations, elle dût rapidement lui dire ses pensées et mettre au clair tout le mal qui allait se faire dans les prochaines secondes.

«Mouais…La mort c’est plus intime que le sexe. En espérant que ça ne nous éloigne pas,le fait que je m’apprête à m’immiscer un peu trop dans ta vie privée. Je te demande…Pardon ?» souffla-elle sans la moindre émotion. Elle aurait pu avoir un ton humoristique au début et un peu mélancolique vers la fin, mais sa voix restait neutre.

Sa tête lui ordonna simplement de bouger…Ses mains habillent attaquèrent un dernier souvenir de sa mère : un foulard. Le foulard de soie noué autour de son cou se détacha de son corps aussi rapide que l’éclair. Le joli tissu bleu royal s’imbiba de globule rouge, changeant instantanément de couleur. Elle aurait pu déchirer sa chemise blanche, ou même sa jupe taille crayon de nylon hyper moulante. Elle aurait pu même déchirer les vêtements masculins de l’homme couché dans un lit de raisiné. C’était trop tard, de toute manière, la matière douce et brillante était déjà compressée sur le poignet de Satoshi. Avec un peu de chance, la Faucheuse n’allait pas passer. Avec un peu de chance et beaucoup d’espoir, l’écharpe resterait en vie et remplie de bon souvenir, comme une sauveuse. Cette réflexion arracha presque un rire à Lily : l’écharpe salvatrice ! Quelle conne.

La tête à présent penchée sur la sienne, les mains sur son corps figé, elle n’arrêtait pas ses manoeuvres. Il fallait garder les yeux ouverts jusqu’à l’arrivée des ambulanciers, peut-être qu’elle pourrait s’évanouir après. Par bonheur,Satoshi n’y avait assurément pas pensé,sa position était idéale pour traiter une hémorragie au bras. En se remémorant quelques cours de sauvetage, la belle se rappela qu’il avait des étapes à respecter afin d’arrêter l’afflux de sang.

Le PERG.

Pression.
Élévation.
Repos.
GGants.

Le P était déjà en train de s’effectuer. C’est en passant au E qu’on comprenait comment le cuistot avait aidé la femme. Son corps couché facilitait la tâche, elle n’avait pas à l’installer. Son bras souleva le poignet au dessus de son cœur en le serrant toujours autant. Le R n’était pas nécessaire…Satoshi était bien au repos non ? Quant aux Gants…Elle n’y avait pas pensé à l’avance : trop tard. Lily compta jusqu’à dix en observant le ventre du mort-vivant. Il ne respirait plus en plus d’être inconscient. Sous le choc, elle ne sut pas s’il fallait effectuer immédiatement la respiration artificielle. À quoi bon ? Sans se poser d’autres questions, et s’en prendre en compte les risques s’accumulant au fur et à mesure, les lèvres tremblantes de la folle se déposèrent délicatement sur la lippe cadavérique. Pendant que la main balançait la figure froide vers l’arrière, la femme donna deux insufflations au suicidé. Elle aurait tellement voulu que ce soit autrement…Qu’il aspire un peu sa bouche pour la garder contre lui. Qu’il balade sa langue vers la sienn…Non. Il était en train de mourir pour ou à cause d’une autre…Enfin, ce n’était pas clair pour Lily, mais le cuistot ne devait pas être une proie potentielle…Il n’y avait jamais rien eu entre eux et Satoshi aimait Katerina. Pauvre nymphomane de tigresse !

Ses pensées changèrent immédiatement, il fallait effectuer des poussées thoraciques sur lui…Sans ses deux poignes libres et seules. Impossible ? Il suffisait peut-être d’improviser, au pire elle échouait cette étape, mais elle n’aggraverait pas son cas. Toute la force d’une de ses paumes pressa entre ses pectoraux au moins 30 fois. Elle devait lâcher le poignet sans aucun doute. Un travail de professionnel quoi…Sa chemise blanche tachée de gouttelettes vermeilles épongeait en plus en plus le sang coulant sur la côte droite du cuistot. Elle attacha le supposé foulard bleu autour de sa coupure comme un bandage et garda sa main élevée en la laissant sur son propre dos courbé. La belle insuffla dans sa bouche, plus machinalement, poussa sur son torse…Ainsi de suite…Jusqu’à épuisement. Enfin jusqu’à ce que Satoshi s’épuise d’elle et qu’il se réveille.

«Si tu ne restes pas ici avec moi, je ne pourrais plus jamais vivre comme avant ! Imagine, une sotte avec une mort sur la conscience ! Je suis peut-être égoïste mais ne le sois pas toi aussi !» murmura-t-elle, la voix écorchée après avoir tousser grassement dans le vide. Ses émotions semblaient provenir de profondeurs encore inconnues. Elle allait peut-être exploser. BOUM ! Hahahaha !

Deux souffles chauds, trente compressions.

«C’est idiot, je vais sûrement regretter mes paroles, je devrais te chanter quelque chose à la place. Mais tu comprends, aucun chant ne pourrait expliquer tout ça ! Essaie de me prouver le contraire ! Tu pourrais.»

Deux insufflations. Trente poussées.

«Je n’ai jamais cru au coup de foudre,je ne te connais pas bien…Mais depuis le temps que j’essaie d’apprendre à savoir qui tu es .Tu peux bien rester pour Lily Sekizen !»

Deux expirations. Un quasi étouffement créé par la toux. Et trente autres poussées thoraciques. Les mots se mélangeaient, se répétaient et sortaient toujours plus souillés et sentimentaux. Elle ne lâcha qu’un flot de paroles et éclata en sanglots, les secours étant trop longs à attendre.

«Je ne pourrais jamais te chanter...Si tu m’abandonnes, je ne chanterais pas pour toi. Tu n’as pas prévu partir à jamais, tu viens de chanter…La mort ça ne se chante pas. Je suis désolée.»

L’étudiante souhaitait entendre un rire moqueur faire bouger les lèvres de l’homme. Elle voulait qu’il la maudisse finalement, tant qu’il soit existant.

«Haïr la vie c’est comme me détester. Déteste-moi, mais n’essaie pas de fuir ! C’est trop tard je ne pourrais plus t’oublier maintenant.» Elle aurait voulu répéter son nom une autre fois, le prononcer plus délicatement, avec moins d’acharnement, mais on lui avait coupé la voix.

En plus, Lily n’avait pas encore lu le bout de papier enveloppé…de sang. Le papier restait encore sur la table de travail du cuisinier et s’adressait bien plus à la tigresse que l’autre lettre pour la bien-aimée…Bien plus.
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MessageSujet: Re: L'Amour à la Mort. [PV : Lily Blue]   Jeu 4 Nov - 23:31



    Acte Second :
    Une Qualité nommée Egoïsme.

    Tant de fois Satoshi s'était amusé de voir passer ces couples éphémères. Enlacés dans les bras l'un de l'autre. Tous faisaient le même serment avant que ne se mêlent leurs poussières. Le temps d'un baiser et déjà il faut s'arrêter. Aimer toujours... Il a toujours été si loin de ces préoccupations... Après tout pourquoi s'en faire pour l'amour éternel alors qu'on ne sait rien de l'amour tout court ? Ces mots, cette phrase, il les a répétés cent fois. Dans toutes les conditions imaginables. Avec plus ou moins ( plutôt moins ) de sincérité. Sa philosophie a toujours été extrêmement simple.

    Nous qui vivons si peu, pourquoi cette promesse qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur ? Pourquoi dire pour toujours alors que c'est à jamais... Quel vain défi qu'on lance au néant dans l'ivresse irrationnelle d'un instant de bonheur. Satoshi méritait-il d'être sauvé ? Ne devait-il pas purger sa peine, expier ses fautes ? Quel meilleur moyen que la Mort elle-même pour cela ? Elle lave de tout, on pardonne tout à un mort... Comme à une personne amoureuse.

    Comment quelqu'un qui a vu des centaines de légumes passer sous la lame de son couteau, des dizaines de morceaux de viande, découpés avec dextérité, peut-il s'arranger pour se rater le jour du Grand Final ? De la Grande Représentation devant la Faucheuse elle-même... Un léger picotement au contact de son couteau, la main instantanément humidifiée de son propre sang, un léger spasme nerveux. Il pouvait maintenant se laisser aller, qui viendrait le déranger le jour de son Départ après tout ?

    Il ferma les yeux et commença à délirer, l'alcool aidant. Il ne regrettait rien, plus personne ne devait le retenir ici. Il perdît connaissance rapidement, persuadé d'avoir rendu son dernier souffle. Le visage impassible. Froid. Neutre. Combien de temps s'écoula-t-il avant qu'il ne reprenne connaissance ? Plusieurs minutes sans doute. Les phrases se succédaient, ancrées dans son inconscient, il ne les oubliera jamais :

    « La Mort c'est plus intime que le Sexe. »

    On lui appuyait contre le torse, on... L'embrassait...

    « Je... Chanter... »

    On allait chanter pour son dernier voyage ? Peut-être essayait-on de le faire partir plus vite, il fût soulagé à cette pensée.

    « C'est trop tard, je ne pourrais plus t'oublier maintenant... »

    Oui. Il était trop tard pour lui. Enfin une personne faisait l'effort de le comprendre. Il eut un élan de gratitude pour celle-ci.

    Pourtant, rapidement, il fronça les sourcils, les yeux toujours fermés. Il prît d'un seul coup une grande bouffée d'air frais, suivie d'un grand cri de douleur qui déchira la cuisine. Il s'étouffait à moitié alors que la personne qui cherchait à le tuer s'acharnait sur lui, lui appuyant sur le torse, encore et toujours. Il ouvrit les yeux en serrant les dents tant la douleur était vive. Il la vît pleurer, de chaudes larmes roulaient sur ses joues alors qu'elle poursuivait, avec acharnement son assassinat. L'esprit embrouillé il ne reconnut pas la jeune femme qui poursuivait son acte de charité à son égard.

    Alors que tout se remettait en place dans son esprit, il comprît qu'elle n'essayait pas de le tuer mais bien de le réanimer. Des hommes firent irruption dans la cuisine, vêtus de vêtements voyants et d'appareils. Il ferma le poing et serra de nouveau les dents alors que la jeune femme s'évanouissait au sol, prise en charge par un autre. De quoi devait-elle se mêler celle-là ? De quel droit l'avait-elle sauvé ? On devrait pouvoir disposer de sa vie comme on le voudrait. Ils lui mirent un masque de respiration artificielle sur le visage et il perdit rapidement de nouveau connaissance.

    On devrait apprendre à tout esprit naissant que toute personne ici bas naît, aime et meurt. C'est le cycle naturel. Pourquoi ne laissait-on pas Satoshi mourir ? Parce qu'il n'avait pas aimé vraiment ? Parce qu'il lui restait à faire ici ? La Mort et l'Amour ont ceci en commun qu'ils sont implacables, insensibles, ils nous tombent dessus sans crier gare. Ces couples d'amoureux, passent les uns après les autres sans poser, avec crainte, un regard autour d'eux. Mourir d'amour est la plus belle des morts ? Comme si cela faisait une différence quand les chairs sont inanimées.

    Mais il ne voulait pas mourir d'amour. Il n'a jamais fait comme les autres, cet homme qui dort dans ce lit d'hôpital depuis bientôt deux jours. Il voulait mourir faute d'amour. La femme qui le lui fera découvrir est-elle à ce point égoïste pour ne pas venir jusqu'à lui ? Est-elle à ce point égoïste pour ne pas le laisser partir... Il s'éveilla en sursaut, le corps parcouru de frissons. Les images et les mots se bousculaient avec confusion dans son esprit épuisé. Impossible pour lui de se souvenir de qui était cette femme qui l'a condamné à rester davantage ici, avec toute cette douleur physique et mentale. Qui lui infligeait cette torture ?

    S'il le savait, sans doute entrerait-il dans une rage incontrôlable. Il se sentait violé et également humilié d'avoir été découvert d'une façon si grotesque. Il soupira, ne prêtant pas attention aux larmes qui coulaient le long de ses joues.
    Il ferma lentement les yeux, soupira et essaya de réfléchir quelques minutes. Et si cette personne l'avait fait parce qu'elle tenait à lui ? Parce qu'elle pensait pouvoir tirer quelque chose de lui ? Il chassa cette idée stupide de sa tête en posant son regard à travers la vitre. La ville était endormie, il ne savait même pas quelle heure il était, ni même où il se trouvait.

    Il leva son regard vers la Lune qui baignait de sa lumière, le lit de Satoshi. Il se laissa apaiser, les larmes cessant finalement de couler. Il avait perdu toute envie de mettre fin à ses jours. La seule chose qui importait désormais à ses yeux était de retrouver cette femme. Cette égoïste. Peut-être avait-elle à lui offrir ce qu'il recherchait tant. C'était du moins la seule personne à être assez avare pour garder son amour seulement pour elle. Il essaya de se lever mais son corps refusa de répondre, il était encore trop diminué. Il ne tarda pas à trouver le sommeil, hanté par les phrases implorée par la jeune femme.

    « La Mort c'est plus intime que le Sexe. »

    Il se réveilla, doucement, bercé par la douce chaleur du soleil qui caressait sa peau. Peu de temps après, une infirmière fît son apparition dans la chambre. Après lui avoir parlé dans un jargon médical incompréhensible, elle lui apprît qu'il avait de la visite. Une jeune femme. Celle qui l'avait trouvé dans la cuisine. Il répondît d'un ton quelque peu brusque :

    « Qu'attendez-vous pour la laisser entrer ?! »

    Elle s'excusa et répondît qu'elle ne pouvait pas la laisser passer. Pour des raisons de sécurité et également de bon rétablissement du patient. Satoshi se redressa sur son lit d'hôpital et se mît à jouer le dément pour parvenir à ses fins. Il fallait qu'il la voit. A tout prix. Il avait tant de choses à lui dire... Il prît une tête effrayante et vociféra à la pauvre infirmière :

    « Si vous ne la laissez pas entrer, je me fous par la fenêtre ! Cette fois j'en aurais terminé pour de bon ! »

    Il écrira plus tard, dans sa correspondance avec la jeune femme, que tout le monde ici le croyait fou, sans doute était-ce depuis cet incident avec l'infirmière, qui courra chercher sa visite matinale. Il était finalement parvenu à ses fins et c'était la seule chose qui avait de l'importance à ses yeux. Quand on a voulu mourir, après tout, on n'a plus rien à perdre. Une vie sans amour est presque pire qu'une mort sans avoir aimé. Sur le bord de la tombe et sous le regard d'un être cher, qu'un mouvement d'amour soit notre adieu...

    Il est temps de voir combien l'Homme est grand, quand il aime.
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L'Amour à la Mort. [PV : Lily Blue]

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