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 «Il n'est plus temps, quand le danger est présent, de nous fortifier contre lui.» [Sénèque]____ PV. Lily Blue.

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MessageSujet: «Il n'est plus temps, quand le danger est présent, de nous fortifier contre lui.» [Sénèque]____ PV. Lily Blue.   Lun 30 Jan - 20:08

La large horloge du hall affichait les 11h entamées.
Un brouhaha incessant tempêtait autour de l'ombre qui se faufilait à travers la cohue, cherchant désespérément le moyen de fuir. La tête enfournée entre ses épaules, la gamine évitait coups de coudes et ruades de ceux qui la dépassaient d'au moins deux bonnes têtes. La seule et unique raison qui aurait pu lui faire regretter sa petite taille résidait en c'là : dans une foule compacte, elle n'y voyait que dalle... Les mains dans les poches et un air patibulaire vissé au visage, l’effrontée réprimait son énervement qui pointait le bout de son museau. Sa frustration montait en grade et elle cru bien éclater d'une rage sourde quand enfin elle s'extirpa de cette marrée humaine. Que pouvait-il bien y avoir en ce jour pour que tout le monde se rue ici, dans ce hall qui d'ordinaire était pourtant bien vide ? Qu'importe, pour l'heure Aiko pressait le pas pour atteindre le sanctuaire à la tranquillité quasi religieuse. Ou pas. La bibliothèque aurait du être d'un calme olympien, mais comme tout dans cette pension, il fallait bien avouer que là aussi, les principes étaient foulés au pieds... Baaah. Tant pis, c'était le seul endroit ici, hormis son pied-à-terre, où l'églantine pouvait se sentir apaisée, calme et moins sur la défensive.

Un dernier virage, une dernière porte et....... Un dernier coup d'épaule inopportun d'un inconnu trop pressé, et la voilà enfin au milieu des piles de livres et d'étudiants pas trop chiants. Aiko fit voler son sac sur une table avant de s'avachir sur une chaise, posant ensuite son visage sur ses bras croisés sur le plan de bois brut. Elle ferma les yeux, se laissant aller à écouter les battements de son cœur qui peu à peu reprenait un rythme normal. Elle aimait c'là, sentir son sang battre dans ses veines, sentir son corps vivre, tout simplement. Un soupire las s'échappa d'entre ses lèvres et la gamine finit par se redresser, fouillant son sac pour y dénicher quelque chose, un livre, un carnet de croquis, n'importe quoi qui pourrait l'occuper pendant encore presque 3h.

La veille avait été une journée des plus ennuyeuses et comme si le sort s'acharnait, le réveil de ce matin lui avait rappelé que les jours pouvaient se suivre et se ressembler... Son absence de bonne humeur légendaire avait fini de plomber ce début de journée et l'absence d'un de ses profs avait été l'estocade finale. Enfin... Aiko n'avait déjà plus espoir de passer une bonne journée et avait préféré se réfugier là, au milieu d'ouvrages abimés, désolants et trop peu nombreux à son goût. Si seulement elle avait su que cette bibliothèque ne recelait que de rares ouvrages anciens - pour la plupart incomplets – et quelques classiques ou autres navets contemporains... La jeune fille ne serait sans doute pas venue dans cette pension. Sa soif de savoir insatiable, son désir sans borne d'apprendre toujours plus et de remplir son crâne de connaissance n'avait su trouver ici des choses qu'elle ne connaissait déjà. Fort heureusement, la ville avait quant à elle une temple à la littérature dans lequel Aiko aimait se perdre et s'enivrer de mots et d'images jusqu'à s'en faire court-circuiter la matière grise... « Mens sana in corpore sano » avait dit Juvénal. S'il voyait le monde d'aujourd'hui, grand Dieu qu'il aurait perdu la raison... !

Quoiqu'il en était, l'églantine fouinait toujours dans son sac d'un air distrait. Son regard caressait ce qui l'entourait, s'attardant parfois sur une personne ou sur la couverture d'un livre, cillant sur une affiche, se parant de mépris quand la cible de ses prunelles se trouvait être un élément perturbateur... Découragée, Aiko s'adossa à son siège, s'avachissant un peu plus et laissa s'échapper un autre soupire.
Les semaines, les mois passaient sans qu'elle ne se sente plus libre et plus vivante. La faute à qui hm ? A elle, à n'en point douter. Elle seule se mettait des barrières et rejetait tout ceux qui osaient l'aborder. Ils avaient les couilles de venir la voir et ce geste seul aurait du leur donner plus de crédit à ses yeux mais... Non. Elle n'arrivait pas à s'ouvrir aux autres ni à sortir de sa coquille qui au fil des années s'était greffée à son être pour qu'elle ne sache plus comment faire pour s'en arracher.
La gamine reposa une fois de plus ses iris carmins sur le décor qui s'offrait à elle et ne vit que joie... Bonne humeur, amitié... Elle réprima une grimace de dégoût. Non, vraiment. Elle avait encore bien du mal à se fondre dans la masse et à tolérer une vie en communauté. A moins que ce dégoût ne soit-là qu'un signe de jalousie cachée... ?
Et pourtant c'est seule qu'elle avait fait ce choix, qu'elle avait voulu se jeter dans le monde comme dans une arène. Jamais elle n'aurait pu croire que le cap à franchir aurait été si difficile. Que le fossé qui la séparait d'une vie « normale » était bien plus vaste qu'elle ne l'aurait pensé... Et elle se voyait maintenant, plus seule que jamais, entourée de gens qu'elle ne percevait qu'à travers un voile opaque... Comme si elle se trouvait encore dans son domaine et que les seuls échos de la vie ne lui parvenaient que de journaux, d'images et de rumeurs éparses...
L'esseulée secoua sa caboche doucement et referma ses yeux en passant une main sur son visage fatigué. Elle reprit son sac et s'évertua à tourner en rond, à errer entre les rayonnages de bouquins pour fixer son esprit sur quelque chose de concret et de fini. Son manège dura quelques minutes mais si la gamine pouvait savoir mentir aux autres, se mentir à elle-même, elle en était encore incapable...

Résignée, elle posa son front sur l'armature boisée d'une étagère dressée à l'écart, laissant glisser ses doigts fins et délicats sur les reliures en cuir des discours de Platon, Socrate et autres illustres philosophes que l'Histoire avait engendrés. Elle en prit un, au hasard et, les yeux clos, elle l'ouvrit et y enfouit son nez pour humer le parfum doux et sauvage du papier vieilli. On aurait pu la prendre pour une folle, certes, pour une fétichiste encore, mais peu lui importait les autres en cet instant : elle se laissait à penser qu'elle aspirait en elle les mots inscrits sur ces pages et que plus elle en inspirerait, plus elle se sentirait pleine et presque entière. Son être, misérable coquille vide, devait s'imprégner du savoir des ainés pour prétendre être vivant... C'était là une façon de penser bien particulière.
Enivrée des exhortations morales d'elle ne savait toujours-pas-qui, Aiko reposa le livre Sans-Nom et tourna les talons, prête à partir en quête d'un pouf.
Ce lycée lui offrait toutes les possibilités de passer outre son éducation rigide et son esprit clos mais elle n'arrivait pas à se laisser aller. En même temps, sans personne pour lui donner des coups de pieds au cul ou ne serait-ce qu'un coup de main, comment pouvait-elle prétendre y arriver ? Elle était forte, certes, déterminée, aussi, mais elle n'était pas surhumaine pour affronter seule le remodelage de toute une vie. Car oui, c'était son mode de pensée, son éducation, sa vision du monde et des gens et surtout de sa propre place dans cette « micro-société » qu'il fallait refaire, changer et réajuster... C'était des années et des années d'apprentissage, de bourrage de crâne et d'endoctrinement qu'il faudrait mettre à sac. Autant dire que la tâche n'était pas simple ! Et pour une fois que la gamine se sentait vraiment sur la faille, voilà que le psy' de l'école était aux abonnés absents. Non, vraiment, les choses se présentaient plutôt mal ces jours-ci...

Pouf en vue ! Hmm... Aiko se traina sur cet amas de trucs indécis et se vautra dedans, se laissant aller comme si par ce geste c'est elle-même qu'elle laissait tomber, pour déclarer forfait, abandonner la lutte qui l'avait menée ici. Elle pensait avoir fait des efforts, avoir changé. Certes, elle arrivait à ne pas frapper ni cracher sa verve à tout va sur le pauvre ignare qui lui demandait l'heure ou à ne pas fuir ni paniquer devant une foule de gens mais ses progrès s'arrêtaient là.
Elle se roula en boule dans le pouf, ramenant ses jambes contre elle, les entourant de ses bras et posant son menton sur ses genoux. Puérilement, dans cette position, elle se sentait moins vulnérable. Elle s'enfermait dans sa bulle, laissant son esprit tortueux errer ça et là, divagant entre une tare et une autre, entre l'esquisse utopique d'une solution et une autre... Elle remontait le temps, faisant défiler sous ses yeux les bandes de sa vie d'avant sa venue ici. Rien n'était vraiment compliqué en ce temps là. C'était une gamine gâtée jusqu'à la moelle, qui pouvait jouir des gens comme un marionnettiste s'applique à jouer avec ses pantins. Elle n'avait pas à se soucier des autres, de leur avis, de leur jugement. Elle n'avait pas à se soucier d'autre chose que de son propre ben-être à vrai dire... Egoïste me diriez-vous ? Certes, mais dans sa famille l'égoïsme était une marque de fabrique. Et que pouvait-elle savoir du préjudice de l'égoïsme quand elle était entourée de gens comme elle ?

« Un fou se sent parfaitement normal parmi d'autres fous.».
Voilà comment elle voyait les choses aujourd'hui. D'être sortie d'un cocon sur-protecteur et d'une prison dorée la gavant d'illusions, d'hypocrisie et de faux-semblants lui avait ouvert les yeux. Elle avait d'abord été déstabilisée, irritée, avait pris peur. Pour la première fois de sa vie elle était exposée dans un monde où elle n'avait pas un contrôle parfait. Où d'autres qu'elle avaient leur mot à dire et où ses lubies seraient prises pour les caprices mégalomaniaques d'une Madone Déchue.

Au fil des semaines, elle avait appris à dompter sa peur d'être exposée. Elle avait même pris plaisir à pouvoir être un tant soit peu vulnérable. Dans les limites du raisonnable... Elle avait vraiment envie de se surpasser, de voir autre chose, d'essayer le plus de choses possibles. Mais encore une fois, seule, cela lui paraissait insurmontable.

L'effrontée soupira, empoigna sa tignasse églantine entre ses mains et réprima un grognement de rage. Non, vraiment, personne ne pourrait l'aider aujourd'hui... Quoique ! La vie vous réserve bien des surprises, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Et celle qui attendait là notre jeune amie allait être de taille... Qu'elle s'accroche car ce voyage promettait d'être... Renversant ?
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