T'as besoin d'un logement pour tes études ou ton travail ? Tu t'es fait virer de chez toi ? T'as juste envie de changer d'air et de te relaxer ? Kohime Pension °w° ! Dans le même genre que la Pension Hinata, on t'attend !
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar• Baka, serait peut-être temps
|| de demander un rang !

Messages : 67
Date d'inscription : 08/07/2010
Camp dans la Bataille : Yuriii ♥

Carte de pensionnaires
Orientation Sexuelle : Homosexuel(le) à tendance Seme.
Pseudo Internet: Sweet-Melody
Mes Relations :
MessageSujet: I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU   Mar 20 Mar - 18:16


« It's all for you, everything I do. »


Ivresse du soir bonsoir. Ivresse d'amour bonjour.
Mes doigts tentent de rattrapper ce qui ne m'appartient déjà plus, palpant l'air, agitant la fumée crachée après ce léger apport de nicotine. Encore une fois ce que j'aime s'évade, s'échappe de ma vie, de mon univers éphémère. Elle était partie. J'avais disparu, elle en avait fait de même.
Et maintenant, je bois. Je bois de l'alcool, je bois mes peurs, je bois mon amertume, mes regrets.
Et ça n'a aucun goût.
Ce n'est ni salé, ni sucré. Ce n'est pas amer, un tout petit peu acide, mais rien de plus. Je bois le tout comme de l'eau, et n'en ressort de ça qu'un putain de remors craché dans le vide. Dans le vide. "Fff..." Soupir presque sifflé dans la sombre soirée difficilement supportée, effacé dans la souffrance. Effacé dans l'indifférence insipide.
Je baisse les yeux, laisse tomber mon regard comme mon âme qui avait chuté en la voyant dans les bras de cet autre. Cette autre femme, cette autre conne, cette autre niaise. Et putain, elle avait bon goût. L'autre était belle, l'autre était même carrément mieux. Parce que sa crinière était un incendi et son regard un lac orpiment. Moi, l'encre coulait sur mon crâne, moi, je n'avais qu'une flaque d'eau dans les yeux. Une flaque désormais innondée par les larmes me griffant le visage jusqu'à m'en faire crier. Parce que je criais, brûlant mon coeur dans l'acide de la jalousie, je me débattais, frappant mes poings contre la réalité. Dure réalité qu'était de se réveiller après un an de léthargie, d'isolement, et trouver la seule personne encore aimée dans les draps d'une nouvelle conquête.

Je me tourne mollement dans le lit. J'avais trois couches de draps plus deux pulls, et pourtant j'avais froid. Froid de ne plus la voir, de ne plus sentir son ombre caresser mon corps et ses lèvres glisser un délicieux "je t'aime" au creux de mon sein. Je me pince la lèvre, je me pince la peau, je me pince le coeur. Puis je ferme les yeux, râlement rauque sortant de ma gorge, le désespoir étant mon plus fidèle compagnon aujourd'hui. Toc toc. Dit mon esprit un peu confus. Toc toc. C'était quelqu'un qui frappait à la porte.
Enfin, quelqu'un.
C'était surtout elle.

Et comment exprimer mon déssaroi face à sa slihouette glissée juste devant ma porte ? Comment exprimer ma confusion face à son visage de nouveau proche du mien ? Impossible. J'avale difficilement ma salive, recule d'un pas et dois prendre un temps avant de réussir à formuler une phrase correcte dans mon esprit. Et je dis bien dans mon esprit, parce que la phrase a beau résonner dans mon crâne, il n'en sort que des bribes de mes lèvres: "... Tu... F... Là..." Puis d'un coup, l'énergie. D'un coup, je suis fulminante, la colère me gonfle veines et muscles, ma bouche reprend du service et je me sens comme animée par la rage d'avoir été abandonnée.
D'avoir été abandonnée par celle que j'avais laissée.
"Tu fous quoi là hein !?" Et encore, cette sale jalousie qui agitait ma langue et contrôlait mon esprit. Elle se glissait dans mon existence pour y lancer des remarques acerbes, emplies de dégout mais encore plus d'amour. " T'es pas avec ta copine !? Ta chérie, ta catin."
L'amour d'un seul être désormais volé et pourtant toujours à soi.
Toujours à soi.
Toujours à moi.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Immortelle Déesse du Yuri.


Messages : 81
Date d'inscription : 29/06/2010
Age : 26
Camp dans la Bataille : Yuriste

Carte de pensionnaires
Orientation Sexuelle : Homosexuel(le) à tendance Seme.
Pseudo Internet:
Mes Relations :
MessageSujet: Re: I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU   Mar 20 Mar - 20:54









« I can't have you no,


like you have me. »


La haine. Je l’ai rarement ressentie contre quelqu’un. Je ne me suis jamais vraiment sentie haïe. Et maintenant, depuis que je l’ai vue, elle ; depuis que j’ai vu ces larmes, leurs larmes ; je sais enfin ce que cela peut bien faire : Haïr et être haïe. Seule. Comme une grande. Je me hais et subis ma propre haine. C’est étrange, désagréable. Moi qui ai bien souvent montré une haute estime de moi-même, je passe maintenant de l’autre côté du miroir. En courant.
J’ai longtemps hésité, posé la question. Sa simple apparition a brisé en éclat l’illusion de bonheur que je m’étais créé. Je suis même incapable de dire si cette illusion en a vraiment été une. Je ne subis plus les effets de la drogue que je consomme. Je les vis. Je flotte, j’ère. Tout autour de moi est flou. Je ne sais plus distinguer ce qui est vrai ou faux. Certaines choses me semblent utopiques, alors que l’instant d’après, c’est un véritable cauchemar qui se déroule sous mes yeux. Je ne contrôle plus rien. Rien du tout. Même pas moi.

Droguer la drogue. A la recherche de la vérité. La peur qui s’installe. Est-ce le bon choix ? Est-ce la bonne vie que je viens de briser momentanément ? J’ère dans mes pensées. J’ai envie de pleurer. J’ai pleuré. Pourquoi ? Ce n’est pas à moi de pleurer. J’ai choisis ce qui est arrivé, en quelque sorte. Alors pourquoi est-ce que ça fait mal comme ça ? Pourquoi ai-je mal à m’en frapper les mains contre ce mur froid ? Haley, tu te hais, là.
J’ai chaud dans mon débardeur trop grand. J’ai froid, dans l’épaisse veste à capuche qui le recouvre. La capuche me cache. Elle cache ma honte. Elle tente de me protéger de moi-même. Pour que je ne me vois pas. Même si je sais que je suis là. Encore là.

Je vis ce qui n’est déjà plus.

Je revis la scène. Je contemple les dégâts. Les dégâts de mon égoïsme, l’immense carnage que mon besoin de protéger ma petite personne de la solitude à causé. Je pense être haïe maintenant, par quelqu’un d’autre que moi. Je souffre autant que j’ai fais souffrir, probablement. Voir plus.

J’ai le cœur qui se déchire. En deux. En trois. Et en bien plus encore.

J’ai brisé le sien, le leur, le mien. Tout est gagné. Quel cadeau empoisonné. Mais pourquoi ça. Pourquoi ai-je finalement agis, au lieu de rester planquée dans mon confort, dans l’amnésie et l’illusion ?

Je l’aimais. J’en ai aimé une autre, oui. Mais je l’aime toujours. Et même dans ce couloir, je l’aime encore. J’ai envie de courir. Où ? Je le sais. Je ne le sais pas. Son image me brûle les yeux. Me hante. Elle me hante depuis des jours. Depuis qu’elle est revenue, depuis que j’ai entendu son souffle, sa voix. Depuis que je l’ai vue. Que j’ai imaginé, que je me suis souvenue de ce corps parfait contre lequel mon propre corps s’était si souvent posé, contre lequel mon souffle s’était si souvent brisé. Je ne connais plus le présent, je ne le vis plus. Je ne vois plus que le passé. Si douloureux et agréable.

Elle revient comme le souvenir agréable. Comme la fraicheur des nuits de printemps passées à observer les étoiles. Comme la chaleur enivrante des soirées passées dans ses draps réchauffés par son corps brûlant. Elle revient comme la mélodie de sa voix qui est venue frapper mes oreilles rendues sourdes pas le déni.

La mélodie. Ma Melody.

Je frappe à nouveau. Ca sonne creux. Les articulations de mes doigts aussi. Elles craquent. Je tombe, me voilà à peu près sur terre, devant cette porte. Devant Sa porte. A tenter d’assumer.
Mes jambes tentent de se dérober. Me crient qu’il faut partir. Alors que mes mains sont prêtes à retenir cette porte. Trop tard pour prendre une décision. La décision est là. Elle aussi. Elle hésite. Puis elle éclate. Ses paroles sont pauvres. Sa voix est riche de violence, elle grince à mes oreilles. « Je… » J’ai l’impression qu’on me secoue. Il n’y a personne d’autre derrière moi que… Moi. Je me secoue. Je hurle qu’il faut que j’assume. ASSUME.

Je baisse les yeux. Décrédibilisée. Pourquoi ? Pour tout rater une nouvelle fois, quelle question.

« Je l’ai quittée… » Un souffle faible. Si faible. Mais elle l’a entendu. Je le sais. Je le voulais. Je… dois continuer, au moins un peu. « Quand je me regarde, je ne la vois plus elle, à côté. C’est toi que je vois. En fait, je t’ai toujours vue, juste toi. J’ai juste essayé de croire que je pouvais me voir sans toi. » Tellement flou. Et pourtant, je n’arrive pas à fermer mes lèvres qui s’agitent sans mon bon vouloir. Je ne sais pas ce qu’elles disent. Peut-être bien que si finalement. Elle balance ce que je ne veux pas dire. Ce que je ne veux pas que tu saches. « Je me suis perdue, je n’étais plus moi. J’étais quelqu’un d’autre. J’ai eu la vie de quelqu’un d’autre. » Mes doigts se torturent alors qu’ils ne bougent pas. Ca fait un mal de chien, j’ai envie de hurler tellement je souffre, de tout mon être. « La mienne s’est arrêtée. J’ai pensé qu’elle était finie, alors qu’elle était seulement sur pause. » Comme mon sens de la raison qui m’abandonne, qui efface tout ce que je porte, tout ce que j’essaie d’être. Il n’y a plus que moi, rien que moi. Devant tes yeux implacables, rougis mais tellement beaux. Je n’aime pas céder et pourtant c’est ce que je fais. Je saute en plein dedans.

Lamentable. Je ferme les yeux de honte. Je veux aussi me protéger. Ton regard me transperce. Il me fait mal, me blesse. Et je sais que tes mots peuvent en faire bien davantage. J’ai peur de ce que tu peux bien dire. J’en suis terrifiée, sans moyen de fuite. Mes jambes ont arrêté leur tentative de fuite. Elles sont figées, ankylosée, tellement lourde que je suis incapable de bouger. J’attends la sentence. J’attends le coup qui va me scinder en deux.

J’attends que tu sois le bourreau qui arrêtera enfin la torture de mes pensées.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar• Baka, serait peut-être temps
|| de demander un rang !

Messages : 67
Date d'inscription : 08/07/2010
Camp dans la Bataille : Yuriii ♥

Carte de pensionnaires
Orientation Sexuelle : Homosexuel(le) à tendance Seme.
Pseudo Internet: Sweet-Melody
Mes Relations :
MessageSujet: Re: I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU   Mar 17 Avr - 20:53


« She was a boy with some feelings for me. »


J’ai toujours aimé le blanc.
Le blanc qui vient avec l’hiver, qui recouvre nos maisons et les trottoirs. Le blanc d’une page encore vierge, pure de tout encre qu’un être pourrait cracher dessus pour s’en servir d’exutoire, machine à sentiments le plus souvent engendrés par mademoiselle haine et sa sœur mélancolie. Le blanc dans nos conversations, parce que je n’ai plus rien à vous dire et que vous ne m’intéressez pas, votre être est trop insipide, sans personnalité, se conformant aux règles orchestrées par un gouvernement trop sélectif. Le blanc dans la symbolique, albâtre de la pureté, esprit immaculé, lavé de tout pêché, vide de tout regret.
J’ai toujours aimé le blanc.

Et Haley.

Haley et son crayon noir autour de ses yeux céruléens. Haley et son blouson noir, ses converses noires, son t-shirt noir, ses tattoos noirs, son cœur noir. Haley, exhibant la dégénérescence de son âme, pourrissant son corps, goudronnant ses poumons à l’aide de tabac, infectant son esprit en inspirant un bon coup, le nez dans un tas de poudre blanche.

J’ai toujours aimé le blanc, jusqu’à Haley.

Parce que je l’ai haïs, cette putain de valeur, elle qui venait blêmir la pauvre peau de mon aimée, elle qui pourrissait sa vie, l’émiettait, me la volait ; lorsque la chair de mon âme se prenait à dealer et consommer de cet albâtre insolent. Je me suis même prise à envier le blanc de cette sale clope roulée qui pouvait goûter à ses lèvres et toucher un peu de ses doigts jusqu’à ne plus exister. Je n’aimais plus ce monstre qui dévorait mon monde. Je n’appréciais plus que l’ébène d’une âme un peu trop perdue qui répondait au nom de Haley.

Puis je n’ai plus aimé le noir.
Je n’ai plus aimé le noir, ni le blanc. Le monochrome peignait ma vie, je me surprenais à prier pour un peu de couleur, un peu de bleu, un peu de jaune, pourquoi pas du rouge. Mais surtout plus de gris.
Et vint enfin l’azur de son regard. Qui me fit trembler, qui me fit reculer encore, qui troubla ma vue. Pauvre vue désormais floue, pauvres yeux humides, pauvres lèvres tremblantes, pauvre Mélodie, Melody désormais muette. « Je l’ai quittée… » Ça sonne à mes oreilles comme une libération. Libération de l’âme, de l’esprit, du cœur. Je lève les yeux et le plafond me parait un peu plus coloré, je regarde mes doigts et retrouve enfin la vue après tant de temps passé dans l’obscurité. Je n’arrive pas à y croire, je pense fabuler, je pense que c’est une bonne blague et que elle me mentait tout simplement. Mais je me forçais à ne pas désespérer, je me forçais parce que son regard soulevait en moi le peu de vie qu’il me restait encore.

Et qu’est ce qu’elle était bonne, cette putain de vie.

« Quand je me regarde, je ne la vois plus elle, à côté. C’est toi que je vois. En fait, je t’ai toujours vue, juste toi. J’ai juste essayé de croire que je pouvais me voir sans toi. » Puis de nouveau, ce flot de larmes inépuisable, s’écrasant sur le sol, déferlant sur mes joues, criant douleur, souffrant d’amour, de torture sentimentale. L’ivresse me monte au nez, et pourtant, je pleure. Je ne marche pas correctement, manque de tomber, tomber comme mon esprit qui chutait de haut en la voyant ainsi. Et vient s’installer en moi un doute, petit parasite qui grandit promptement pour venir s’emparer de mes lèvres, laissant mon cœur se noyer au travers de mes larmes salées. « T’as pris un sale truc… » Ca ne sort, pas fort. Petit chuchotement, las, sans aucune intonation, mort, coulant de ma gorge mais débordant trop peu pour être perçu. « Je me suis perdue, je n’étais plus moi. J’étais quelqu’un d’autre. J’ai eu la vie de quelqu’un d’autre. » Et encore, je refuse d’y croire. Je suis butée, je ne sais pourquoi mais l’obstination y est. Têtue ? Peut-être. Je ne sais pas si c’est de l’ego mal placé ou simplement l’image d’une Haley défoncée à ma porte qui me blesse. Mais je n’arrive pas à être convaincue.

Ou peut-être est-ce de la rancune ? Sale sentiment venant avec l’image de la blonde dans les bras d’une autre. Horrible idée d’une Haley m’ayant oubliée, effaçant toute preuve de mon passage dans sa vie d’un revers de la manche.
On le voyait bien, qu’elle m’avait retirée de son existence.
Et elle m’avait remplacée par sa petite poudre, son petit joint, sa grande amie nicotine ecstasy coke LSD morphine ou je-ne-sais-qui. Cette pute qui donnait son corps, sa substance, pour altérer son état, pour altérer ses pensées, pour rendre inexplicable sa présence, ici. « Tu sais pas ce que tu dis… » Je parle mais elle n’entend pas. Suis-je en train de me persuader ? Soufflant quelques absurdités du bout de mes lèvres, simplement pour la supplier de me faire taire, rompant la distance entre de nos deux corps si longtemps éloignés. « La mienne s’est arrêtée. J’ai pensé qu’elle était finie, alors qu’elle était seulement sur pause. » C’était beau. De la prose, et pourquoi pas une belle déclaration à la Zweig. C’était beau, mais ça rentrait laid. Ca rentrait défoncé, arraché, piétiné, par mon esprit revanchard, par mon esprit masochiste, gros con ne voulant pas enregistrer simplement le peu de bonheur offert le temps de cette déclaration. C’était beau, zweig reposait contre mon sein, mais il ne sentait déjà plus mon cœur.

Je ferme les yeux, je veux interrompre l’océan d’amertume s’agrippant à mes joues, à mon cou, à mon cœur. Mon cœur que je veux vomir sur le pallier, pour le donner de nouveau à Haley et lui souffler à quel point je pourrais tout lui donner si c’était pour de nouveau récupérer son amour. Ma main agrippe son col, essayant de la soulever, mais mes bras sont lourds et je n’arrive qu’à la pousser de quelques centimètres : « T’es pas clean Haley. T’es pas clean. Arrêtes de me mentir… Te fais pas encore du mal, ne détruis pas ton couple à cause d’un joint de trop. » Une pause, je sens mon cœur s’effriter, je le sens prêt à lâcher prise et me laisser, hébétée, juste avec un cerveau pour me commander. Je le sens, mais j’ose enfin réagir. Après des mois de léthargie, des mois d’impuissance, j’ose lui parler. Et verser sur son dos toute la mélancolie, tout le spleen non idéal que j’avais vécu lors de ces jours passés sans sa présence à mes côtés. « … Je ne veux pas que tu regrettes… Je ne veux pas encore te perdre. J’ai déjà abandonné mon monde une fois… » Un Zweig qui résonne dans mon esprit, une phrase qui ne cesse de retentir, simple lecture d’un soir prenant tout son sens. « "Rien n'existait pour moi que dans la mesure où cela se rapportait à toi; rien dans mon existence n'avait de sens si cela n'avait pas de lien avec toi" … Et, maintenant qu’on s’est quittées… Je n’existe plus, mon monde non plus. Alors tu peux repartir, faire exister ta petite rousse, et la rendre encore plus bonne qu’elle ne l’est déjà. » Jalousie décadente, amertume terrifiante, et l’amour, orchestre de ces sentiments s’exprimant en pleine symphonie.
Puis un pauvre « Je suis désolée… » Soufflé, la tête baissée et les larmes de nouveau alignées sur mes joues déjà abimées par un rictus des plus pathétique.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Immortelle Déesse du Yuri.


Messages : 81
Date d'inscription : 29/06/2010
Age : 26
Camp dans la Bataille : Yuriste

Carte de pensionnaires
Orientation Sexuelle : Homosexuel(le) à tendance Seme.
Pseudo Internet:
Mes Relations :
MessageSujet: Re: I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU   Ven 20 Avr - 18:47





« Please,


Don’t leave me. »


Entre quatre yeux, pas de mensonge.

Mon regard ne parvient plus à se détacher de son visage. Je la regarde comme si je la découvrais à nouveau. Comme si ces longs cheveux d’ébène m’apparaissaient pour la première fois, alors que je connaissais déjà leur douceur, leur finesse. Son visage aux lèvres légèrement tremblantes me captive, m’attire, et je me sens comme une jeune adolescente partie à la découverte de l’amour, à coup de coups de foudre. C’est horrible. Ces larmes qui creusent leur chemin sur la douce peau de ses joues. Elles ne me touchent pas, et pourtant je sens leur brûlure, leur goût amer. Je me suis trompée, je m’attendais à ce qu’elle m’assassine de ses mots, ne me transperce de son regard. Elle pouvait me faire ressentir tellement de choses. J’étais comme un pantin devant elle. Un pauvre petit pantin dont elle tenait inconsciemment les ficelles, pouvant aussi bien me faire danser que me démembrer. C’était effrayant. Se sentir contrôlée à ce point. Un mot et je partais. Deux mots et je restais.

« T’es pas clean Haley. T’es pas clean. Arrêtes de me mentir… Te fais pas encore du mal, ne détruis pas ton couple à cause d’un joint de trop. »

Elle ne me croit pas. Ca se sent. Ca se voit. Elle le dit. Rien ne ressemble plus à un mensonge que la vérité.
Le bois craque, le coup résonne. Il vibre, de mes doigts jusqu’à ma nuque. Et il va même jusqu’à percuter quelques neurones, quelques nerfs de mon corps pourtant déjà si amorphe. Ca fait mal. Je sens la chair déjà mise à nue rencontrer le bois froid et sale du montant de la porte. Sale comme tout ce que je touche. Sale comme la vie que je mène maintenant. Sale comme l’impression que j’ai, face à elle. Face à ses cheveux un peu embrouillés, face à son parfum tellement connu qui vient m’envelopper de souvenirs, à ces lèvres immaculées, à ces joues lavées de larmes. Pourtant je ne bouge pas, j’ai bien plus mal ailleurs. Elle me fait bien plus mal.
Elle ne me croit pas.
Je baisse les yeux, encore une fois. Je ne me reconnais presque plus. J’ai plongé la tête la première dans une montagne de coke, dans une montagne à la couleur pure, miroitant tant de belles choses. Mais tout n’est que condition. Tu veux te sentir bien ? Alors donne. Donne et prend. Plus rien ne se fait sans qu’il n’y ai de petites lignes casi-illisible au bas du contrat. Plonge dans la poudre à la recherche d’une illusion de bonheur, de bien-être, mais perds la personne la plus chère à tes yeux. C’est comme ça, c’est le deal. Je me sentais puissante sous cette emprise apaisante. Jusqu’à la redescente, la reprise de conscience. Jusqu’à ce que je me retrouve devant cette porte. Devant elle. Devant toi.
Le sang me fait mal, en s’engouffrant avec violence dans mes veines, passant dans moi poignet, dans ma main, dans mes doigts. Il en sort même un peu, lentement, rouge, métallique, amer. Comme les mots qui sortent de ma bouche, détachés, coulant sur ma langue, entre mes lèvres, pour sortir douloureusement. « Je sais très bien ce que je dis. Tu crois que je serais venue jusqu’à ta chambre si ce n’était que pour te mentir ?! » Ma voix se brise, j’attrape son poignet, comme s’il s’agissait d’un échappatoire. Sa peau glisse sous mes doigts, et l’espace d’un instant, c’est un autre souvenir qui me saute au coup. Comme elle l’a fait si souvent, que ce soit pour venir poser ses lèvres sur les miennes avec délicatesse, souriante. Ou alors même après une dispute, venant me murmurer à l’oreille que c’est moi qui avait tord, sans que je ne m’énerve à nouveau. Mon corps s’apaise à son contact, au contact de ces souvenirs intacts. « Il est déjà détruit. Il l’est depuis que je t’ai vue. Il l’était même avant qu’il ne se crée. Ce n’est pas un joint de trop qui l’a détruit. C’est toi. Tu m’as fais prendre conscience que je ne suis qu’une droguée. » Une lamentable droguée. « Je manque de toi. Je suffoque et je n’arrive plus à aimer ce qui m’entoure. »

« … Je ne veux pas que tu regrettes… Je ne veux pas encore te perdre. J’ai déjà abandonné mon monde une fois… »

Je ne lâche pas. Ma main reste refermée sur son poignet comme si ma vie en dépendait. Je crois bien que c’est le cas. Ma vie en dépend. Je ne peux pas lâcher. Je ne peux pas foirer une nouvelle fois et replonger comme un poisson dans le déni. Je ne veux plus voir ce dos, cette silhouette qui s’éloigne de moi. Je veux qu’elle reste, là, face à moi. A côté de moi. A un tel point, d’une telle force que je vais jusqu’à en rabaisser ma fierté, mon égo, plus bas que bas. Je l’enterre, et je pourrais même le bétonner afin qu’il n’en sorte plus. Si elle me le demandait.

« Je ne regrette qu’une chose… Avoir laissé quelque chose te séparer de moi. »

Je tremble. De peur, de froid, de rage et de désespoir. Cette distance me transperce, alors qu’elle n’est qu’à quelques centimètres de moi. Elle est glaciale. Alors que son corps à elle me semble si chaud. « "Rien n'existait pour moi que dans la mesure où cela se rapportait à toi; rien dans mon existence n'avait de sens si cela n'avait pas de lien avec toi" … Et, maintenant qu’on s’est quittées… Je n’existe plus, mon monde non plus. Alors tu peux repartir, faire exister ta petite rousse, et la rendre encore plus bonne qu’elle ne l’est déjà. » Je ferme les yeux sous l’horreur de ces paroles. L’espoir de les rouvrir sur un passé non corrompu, non brisé m’effleure l’esprit. Un rêve. Je me force à garder les yeux fermés, je ne veux pas les rouvrir tant que cet espoir ne sera pas réalité. « Je suis désolée… » Je les rouvre, finalement. Je retombe nez à nez avec ces larmes. Je ne veux pas de ce flot, de cette averse qui me bouleverse sans même me toucher. Je tire. Je tire ce poignet vers moi, je l’emprisonne dans mes bras. Je ne lui laisse pas le choix. Je lui ôte la liberté de se reculer, moi qui ai toujours cherché à la lui donner. Les mots s’entassent dans ma gorge, menaçant de la faire éclater. Je sens déjà les lambeaux de chair se détacher. J’entrouvre les lèvres, je les laisse s’échapper, la heurter de plein fouet. « On sait qu’une chose à existé quand il en reste une marque quelque part, tant que quelqu’un est encore là pour le raconter. Je suis là, je me souviens, et je ne pourrais jamais oublier. Je t’en supplie Melody, ne me laisse pas avec mes souvenirs, ma légende que seule moi peut raconter et comprendre. » Sa main est toujours dans la mienne. Je la porte à mon sein, à mon cœur. Il frappe, comme s’il voulait sortir. Il veut sortir, retrouver le confort qu’elle pouvait bien lui offrir. « Il n’y a pas de rousse. Pas de bonne. Je ne veux plus personne, plus rien. Laisse-moi rester… Ou reviens. »

Mes jambes flanchent. Elles m’abandonnent elles aussi. Je me ressaisis aussitôt et me détache lentement d’elle, de quelques centimètres. Il fait froid entre nous deux, alors que quelques secondes plus tôt, j’avais pu sentir la chaleur de son corps. Je n’arrive pas à relâcher sa main, ses doigts longs et fins, doux. Mon regard va une fois de plus effleurer le sol. Je me rends compte que je la crains, que j’ai peur d’elle, et de ce qu’elle peut bien me répondre. Je sais qu’elle peut me briser d’un claquement de doigt, aussi bien que me combler de quelques mots.

« Je sais que j’suis pas une lumière, que j’ai pas fais de grandes choses dans ma vie, que j’ai pas une vie modèle… Mais j’ai mon égoïsme, et lui me souffle de tout faire pour te récupérer. Pour récupérer tout ce que j’avais avant, tout ce qu’on avait ensemble… »

Ma main libre vint me cacher le front, les yeux, passant sur mon visage pour le dissimuler. Pour dissimuler le malaise que je ressentais. Je me sentais nue. Nue devant son regard humide. Tellement vulnérable devant elle.

Naze. Faible.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar• Baka, serait peut-être temps
|| de demander un rang !

Messages : 67
Date d'inscription : 08/07/2010
Camp dans la Bataille : Yuriii ♥

Carte de pensionnaires
Orientation Sexuelle : Homosexuel(le) à tendance Seme.
Pseudo Internet: Sweet-Melody
Mes Relations :
MessageSujet: Re: I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU   Mar 29 Mai - 22:09


« Qui donc réparera l'âme des amants tristes ? »


« Je sais très bien ce que je dis. Tu crois que je serais venue jusqu’à ta chambre si ce n’était que pour te mentir ?! Il est déjà détruit. Il l’est depuis que je t’ai vue. Il l’était même avant qu’il ne se crée. Ce n’est pas un joint de trop qui l’a détruit. C’est toi. Tu m’as fait prendre conscience que je ne suis qu’une droguée. Je manque de toi. Je suffoque et je n’arrive plus à aimer ce qui m’entoure. » … « Je ne regrette qu’une chose… Avoir laissé quelque chose te séparer de moi. »

Mon souffle, froid, coule sur son bras, dégouline dans mes larmes et s’effondre sur ma peau. Ma mine se dégrade, affreux vestige de notre relation. Je suis un Balzac qui a mal tourné, mon visage trahis ma vie tandis que le pauvre verre sur mon canapé a renversé un peu de vin rouge. Ma vie est périmée, on m’a oubliée dans un placard pour me laisser crever. Je ne me plains pas. C’est ainsi, je l’ai mérité. Je ne me plains pas, et pourtant, ce sont des plaintes qui m’irritent la bouche. Mon poignet me brûle, du bout de ses doigts s’expriment les plus affreuses flammes, amoureuses. Et je voudrais la pousser, poser mes mains sur son buste, puis frapper un coup dessus. La volonté n’y est pas, bien que ma conscience s’exprimait aussi. Alors je me contente de regarder ce mur qui avait, quelques secondes avant, effrité les os de la blonde.

De ma blonde.

« On sait qu’une chose a existé quand il en reste une marque quelque part, tant que quelqu’un est encore là pour la raconter. Je suis là, je me souviens, et je ne pourrais jamais oublier. Je t’en supplie Melody, ne me laisse pas avec mes souvenirs, ma légende que seule moi peut raconter et comprendre. » C’est une petite prose. Un petit poète qui souffle aux oreilles de la jeune fille les belles phrases la vie. De notre vie. Mais je n’arrive qu’à serrer les dents, engouffrant dans mon estomac tous les sentiments se bousculant en moi, et ne laissant déborder qu’un solide mutisme sur mes lèvres. Elle m’offre alors son sein, son cœur, qu’il me suffisait d’arracher pour le porter de nouveau à mon âme. Comme je l’avais toujours fait.

Mais même l’éternité avait une fin.

« Il n’y a pas de rousse. Pas de bonne. Je ne veux plus personne, plus rien. Laisse-moi rester… Ou reviens. » Elle me libère, mon souffle se perd dans le vide, mon regard s’attaque au sol, mes lèvres convulsent et la délivrance de mon corps est comme l’enchainement de mon âme à ce qui m’empêchait de la retrouver. Qui donc réparera l’âme des amants tristes ? Me demande Léo Ferré, dans un coin de mon crâne. Et ça m’arrache un rictus. Puis un rire, claquant sur le sol, sur son corps, sur le mien, faisant le lien entre nos deux êtres. L’un, peut-être ébranlé par cette réaction, le second, affolé par tant de névrose.
Sa main reste, accrochée à la mienne, nos bras pendants, mon regard volant. Il n’est pas le seul à voler, un sourire flotte lui aussi, mélangé aux amères larmes dérisoires et à l’affreuse tension que je venais d’instaurer. Mes actions deviennent alors elles-mêmes des antithèses, des pauvres paradoxes se suivants les uns derrières les autres. Mon pouce qui caresse le dos de sa main puis la fin de ce contact.

Un regard la suppliant de toujours aimer. Et pourtant, des conneries balancées. « …Ce n’est pas aussi simple… Haley… » Ma voix trahissant mes dires, elle-même tremblante comme mon être, frêle, prêt à céder, brûlant d’envie, de désir, d’ivresse,
D’amour.

« Je sais que j’suis pas une lumière, que j’ai pas fait de grandes choses dans ma vie, que j’ai pas une vie modèle… Mais j’ai mon égoïsme, et lui me souffle de tout faire pour te récupérer. Pour récupérer tout ce que j’avais avant, tout ce qu’on avait ensemble… » Puis c’est l’affreux fond touché. C’est la descente finale, l’arrêt de cette déréliction, la fin du vide. « Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. »
… Ca me bourre la tête, ça me griffe l’esprit, ça me fait saigner et baigner dans cet océan de regrets. Pour enfin, me tirer un air humain, un air vivant.

Un air amoureux.

Mes mains s’emparent de ses bras et je l’oblige à me regarder, pour ensuite la prendre à mon tour dans mes bras. Appréciant l’odeur enivrante de sa peau, appréciant de nouveau la délicatesse de ses traits. Mon rire autrefois jaune, autrefois irrité, autrefois déchiré, s’était évanoui en un tendre sourire. Et je laissais mes doigts tracer la courbe de son dos, pour enfin laisser filtrer en quelques mélodies, le chant de notre décadence amoureuse. « Tu n’as pas à me récupérer… J’ai toujours été là. Pour toi. Tu n’as pas à me récupérer, Haley… » J’inspire un grand coup, avant de continuer : « Mon égoïsme à moi, me souffle de t’enfermer dans ma chambre et ne plus jamais te laisser sortir. Tu vois, mon égoïsme à moi aussi il te veut. » Mes lèvres glissent sur son front, mon amour brûle sur sa peau, mes mots effleurent son cœur. « Je te veux… Pour toujours. »

La vérité frappe ma poitrine.
Et Elle.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Immortelle Déesse du Yuri.


Messages : 81
Date d'inscription : 29/06/2010
Age : 26
Camp dans la Bataille : Yuriste

Carte de pensionnaires
Orientation Sexuelle : Homosexuel(le) à tendance Seme.
Pseudo Internet:
Mes Relations :
MessageSujet: Re: I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU   Lun 12 Nov - 17:53


« I can't keep my eyes off of you.»


Et dans le brouillard de mes pensées, un changement, une éclaircie.

Un putain de bonheur.

Un soulagement intense.

Ses doigts courent le long de ma colonne vertébrale. C’est anodin, mais tellement agréable. La douceur de ce geste est telle que tous mes maux semblent s’effacer à la seconde même où sa main caresse mon dos. Je lève enfin les yeux, pour croiser son regard, pour croiser son sourire. Une boule de chaleur se créer sa place au creux de mon ventre. La vie reprend peu à peu dans ce corps si mort.

« Tu n’as pas à me récupérer… J’ai toujours été là. Pour toi. Tu n’as pas à me récupérer, Haley… »

Mon regard suit le mouvement profond de ses épaules, se soulevant à mesure que son inspiration progresse. J’inspire aussi, m’enivrant de ce parfum hypnotisant, tellement connu et reconnu. Ce parfum si apaisant, si rassurant. Elle est là, devant moi. On m’a rendu une partie du cœur, une partie du souffle qui m’avait tellement manqué. Mon âme tremble de nervosité. Mes jambes restent immobiles mais menacent de plier aussi aisément qu’un jonc.

« Mon égoïsme à moi, me souffle de t’enfermer dans ma chambre et ne plus jamais te laisser sortir. Tu vois, mon égoïsme à moi aussi il te veut. »

Un son désagréable résonne à mes oreilles. Un grésillement aigu, qui peu à peu gagne en clarté, et en gravité. Le grésillement devient peu à peu un mot, un nom, qui assaille mes pensées avec la puissance et l’acharnement d’un torrent. Melody. Le nom d’une part de ma vie. Le nom de ma vie, tout simplement. Elle revient, elle est là, à nouveau devant moi. Et ces mots merveilleux sortent de sa bouche.

« Je te veux… Pour toujours. »

Et puis c’est le coup final, celui qui relance les battements de mon cœur si fort que j’ai l’impression qu’il va me fendre la poitrine pour tomber directement entre ses mains.

Après le temps de latence durant lequel une véritable apocalypse fait rage dans mes pensées, mes lèvres s’agitent, tout d’abord sans le moindre son. En fait, je crois bien qu’elles tremblent. Et moi, j’essaie de les en empêcher. J’inspire un grand coup, pour me détendre, pour refouler toute cette agitation que sa présence provoque en moi. Je dois être calme. Rester calme.

La peau de mon front me brûle. Ses lèvres y laissent une emprunte comme marquée au fer rouge. Elle. Mon corps tout entier reconnait ce contact si doux, si amoureux. Mon corps tout entier est sien. Mon âme est sa propriété. Son nom, voilé par la détresse, la peur, et la douleur, réapparait enfin au fond de moi. Comme une étiquette collée sur un ours en peluche pour en rappeler le propriétaire.
Un flot de souvenir se déverse en moi. Je suis l’ours en peluche de la petite fille qu’elle est. Je suis là pour son bonheur, pour la consoler, pour la rendre heureuse et la regarder sourire, sans jamais broncher. –Comment cela a-t-il pu me sortir ainsi de la tête ?-

Et puis tout se libère. Des larmes encore pleines d’acide emplissent mes yeux. Mes lèvres s’étirent en un sourire amer de tant de méprise, de tant de mensonges. Mes mains, dans un mouvement fluide, loin de l’aspect de machine passé, viennent enserrer son visage avec douceur, en une caresse. Un demi-pas en avant, et nos corps se frôlent. Mon front se colle au sien.

Un souffle se perd entre nos lèvres.

-Je t’aime…

Un pas de plus, suivis d’un autre. Et j’entre volontairement dans cette prison promise, dans ce paradis, dans cette chambre depuis trop longtemps évitée, emmenant avec moi ma geôlière. J’en referme moi-même la porte, son claquement résonnant à mes oreilles comme l’ouverture d’une porte me séparant de la liberté. C’est en entrant ici que mes poings me semblent déliés pour la première fois depuis bien trop longtemps.

Et c’est dans cette intimité cachée aux yeux de tous que mes lèvres rencontrent les siennes. Mon corps se relâche, enfin soulagé de l’angoisse, de la peur et de la douleur que son image représentait.

-Je veux bien rester enfermée ici si tu y restes avec moi.

Mes bras se referment autour de ce corps tant aimé, tant désiré. Mes mains s’accrochent à ses vêtements, ne prévoyant de la relâcher pour rien au monde.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU   

Revenir en haut Aller en bas
 

I'm the hero of the story, don't need to be saved. - HALOU

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Pension Kohime ❤ - Bienvenue !-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit